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Révélation

  • 18 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 févr.

À 3 ans, elle te demandera un petit frère ou une petite sœur. Tu le sais, ça n’est plus possible. Peut-être auras tu des difficultés à t’expliquer, à trouver les bons mots pour lui répondre. « Maman ne peut plus avoir d’enfant… »

Dessin de ma fille Charlotte (d'après A mother and child four studies of her right hand de Picasso, 1904)
Dessin de ma fille Charlotte (d'après A mother and child four studies of her right hand de Picasso, 1904)

 

À 6 ans, elle se sentira encore un peu seule, malgré les amis, malgré les cousines. Elle manifestera sa déception. Difficile encore de trouver les mots justes pour la consoler, avancer une explication. Une vague histoire de gouttes à prendre pour rester en forme, mais des gouttes qui empêchent d’attendre un bébé…

 

Plus tard, l’adolescence qui pointe ! Tes explications sur ton trouble psychiatrique prennent une forme plus claire, plus nette. Et le temps qui file et qui arrête ton horloge biologique. Ça aussi elle le comprend mieux : attendre un enfant se complique.

 

16 ans, elle s’est fait une raison. Elle n’imagine plus faire partie d’une fratrie. Elle semble même préférer rester unique. Tes termes, plus précis, se rapprochent de ceux utilisés pour poser un diagnostic. Ces mots scientifiques adviennent enfin. Et, avec eux, ses questions : sur l’hérédité du mal, les gênes.

 

La voilà majeure ! Aujourd’hui elle t’encourage à dévoiler tes troubles. Elle te pousse à les assumer. Elle, elle les comprend mieux maintenant et les accepte… Vous voilà face à face sans plus de secrets honteux ou obscurs. Vous avez parcouru tout ce chemin ensemble !

Tu n’as alors plus rien à cacher. Fini les termes flous, terminée la honte ! Tu assumes et le revendique : atteinte de troubles schizo-affectifs, tu es malgré tout une bonne maman !


Cécile




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